
"DÉSIRS ET PLAISIRS…"
Rendez-vous unique dédié à l’image de mode, le FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA
PHOTOGRAPHIE DE MODE investit pour la 8ème année consécutive, la ville de
Cannes, qui deviendra à cet effet une véritable galerie d’Art en
extérieur.
L'évènement se déroulera en deux temps :
du 15 juin au 15 août 2010, en extérieur dans la Ville de Cannes
et du 25 juin au 25 août 2010 au Palm Beach Casino.



Ce qui fait de la photographie sa force est bien évidemment l'impact de
l'image ; subliminale réflexion d'un photographe sur sa vision du monde ; de
son propre univers.
L'invité d'honneur de cette gigantesque exposition-évènement est, cette année,
JACQUES OLIVAR




Voici donc son autobiographie, telle qu'il l'a écrite ; tel qu'il se
décrit...
Magnifique!
"Je suis né à Casablanca, je n’ai connu ni Michael Curtiz, ni Humphrey
Bogart, ni Ingrid Bergman, mais j’ai respiré l’odeur épicée des souks.
J’ai écouté parler arabe et goûté de leur sagesse. J’ai dormi dans les grottes
d’Aglou. J’ai fait l’école buissonnière pour retrouver la chaleur des plages
dorées de la corniche casablancaise. Écouté des nuits entières, à la radio, les
premiers accords de cette merveilleuse musique américaine, le rock, si
nouvelle, si fulgurante. Elle semblait avoir parcouru des distances infinies
dans la galaxie, relayée par les antennes des bases aériennes du nouveau monde
stationnant au Maroc, et ceci à des millions d’années lumières avant d’envahir
l’Europe.
On m’a enfermé dans une école, j’ai fait le mur. J’avais 8 ans et on m’a
repris. Je me suis sauvé à 9 ans, à 10 ans, à 11 ans, à onze ans et demi, à 12
ans. Puis mes parents sont morts et plus personne ne m’a jamais repris.
De ma mère gitane et andalouse, j’ai hérité sa musique, et de mon père je n’ai
rien hérité. Alors je me suis mis en route.
Pendant ce temps, Alfred Hitchcock tournait à Marrakech « L’homme qui en savait
trop » faisant partie de ces chefs d’œuvre en Technicolor qui m’ont tant
inspiré. Icare m’a séduit en un éclair, mais ses ailes ont fondu au soleil. En
chemin, j’ai rencontré Isabel et nous avons fugué encore une fois. En Crête,
j’ai fait de la musique et traîné sur les plages au sable ocre, vécu dans des
maisons au sommet des monts Olympe avec leur vue biblique, refait cent et une
fois le monde avec mes pareils, vagabonds de l’arc-en-ciel. Et ni mon fils, ni
ma femme, ni moi-même ne sommes jamais retournés à l’école : zone de formatage
et de clonage universel. J’ai coupé du bois et ramassé les olives des oliviers
millénaires.
Et puis, surtout, Tanger. Son vent d’est, venu du fond de la Méditerranée, se
heurte aux falaises des deux caps et repart chargé de récits d’espions qui ont
fait l’histoire où s’entrecroisent, dans de mystérieux trafics, des prostituées
délicates, des jeunes gens très beaux, des écrivains illuminés, fous
d’indépendance. Pour le jeune garçon que j’étais, c’est un spectacle
inoubliable qui marque à jamais l’imaginaire adolescent. Les banques éphémères,
casinos et tripots clandestins où l’or des mafias coule à flots, où la
contrebande se frôle à tous les coins de rue, à tous les coins de ruelle. Où le
Levant souffle jusqu’à déraison. Où s’entrelacent vérités et mensonges sur une
vertigineuse trame de tolérance. Il y a eu Jean Genet qui fut enterré à
Larache. Son ami, le brillant et très sombre écrivain Mohammed Choukri. Ainsi
que les poètes de la Beat Generation, Timothy Leary, Jack Kerouac, Peter
Orlovsky, Allen Ginsberg, William Burroughs, Neal Cassady. Je les ai tous
soigneusement rangés dans mes bagages.
Puis Paris m’a accueilli chaleureusement, avec tendresse, en enfant prodigue.
J’ai aimé faire des images et Paris les a aimées. De Steinbeck je garde pour
mes images les visages impassibles devant la fatalité. De Tennessee Williams,
l’image de la fragilité et de la solitude des gens du sud. De Dos Passos, son
amour pour le récit. De Garcia Lorca, je garde la douleur cuisante de 4
poignards et des voix qui résonnent sur le Guadalquivir. Sans eux, jen’aurais
probablement jamais fait de photographie, en tous cas, pas de cette
façon-là.
J’ai photographié des personnes admirables. J’ai travaillé pour des personnes
admirables. J’ai côtoyé tout au long de mon parcours des personnages
exceptionnels.
J’ai fugué à 9ans, à 10ans, à 11ans, à onze ans et demi, à 12ans et, cette
fois, on ne m’a jamais repris."
Jacques Olivar

















Et quelques morceaux choisis, parmi les 90 photographes exposés à cette 8ème
édition du Festival International de la Mode :
Sune CZAKJOWSKI

Enric GALCERAN

Jeremy ZAESSINGER

Perla MAAREK

Matteo BERTOLIO














































































































